Ca y est, c’est le jour J, le jour du départ pour Vancouver au Canada. Comment vous dire, j’hésitais entre stress, excitation, peur et coup de blues.

Pour tout vous dire, ma valise ne fut prête que quelques heures avant mon départ pour l’aéroport et ce n’est qu’à ce moment que je me suis rendu compte qu’elle était bien trop petite. Je sous-estimais la place que prennent les vêtements. Après avoir hésité pendant trois plombes sur la dose de make up que j’allais emporter j’ai enfin bouclé mon packetage, direction l’aéroport. Une fois là-bas, je me comportais telle la zombie mutante! On me disais d’aller à droite, j’y allais, de m’assoir, je m’exécutais, d’attendre, j’attendais, sans réfléchir. Surtout, ne pas réfléchir!

Finalement, vient le moment des adieux. C’est donc dans un état totalement zombiesque que je dis vaguement au revoir à ma mère, à ma sœur, à mon père, comme si j’allais les revoir le lendemain. Je leur tourne donc le dos et m’enfuis pour Vancouver. J’étais d’ailleurs tellement dans mes pensées que je n’ai pas remarqué qu’ils me faisaient de grands signes émus.

Une fois passé la douane, il me fallut attendre de pouvoir embarquer. Dans un état second (vous l’aurez compris) je me suis mise à contempler les gens. Tous sont occupés à triturer leur téléphone, lire un livre, écouter de la musique, le plus naturellement du monde, comme si ils ne faisaient que partir en vacances, quand moi je quittais les miens pour cinq longs mois dans un pays que je ne connaissais même pas…

Le moment d’embarquer arrive enfin, je m’assied donc dans le petit avion, destination Franckfort (escale avant Vancouver). Mon siège est tout au fond, à la dernière rangée, côté hublot. Chouette, j’aurai quelque chose à regarder pendant l’heure et quart que va durer le vol. J’ai le coeur qui bat quand je sens l’avion avancer, il bat la chamade quand il décolle, j’ai la larme à l’oeil. Au revoir ma petit Suisse bien aimée, au revoir mes montagnes chéries. Et le lac! Oh, tu vas me manquer mon lac Léman!

Mais je n’ai pas le temps de penser à ce qui va me manquer, car déjà l’homme assis à côté de moi me fait la conversation. Il me demande d’où je viens et où je vais. Je lui explique. Il est un peu admiratif, un peu envieux, nous sympathisons. Je lui explique que j’ai un peu peur de me retrouver toute seule dans l’aéroport de Franckfort, qui est immense. Lui va à Londres pour un voyage d’affaires (ou quelque chose dans ce goût là…). Il vient des Philippines et est très amical.Tiens, nous voilà déjà arrivés à Franckfort? Le vol n’a duré que quelques minutes.

Il m’aide à trouver mon terminal et ma porte d’embarquement (ceci nous prit tout de même plus d’une heure et me coûta quelques lambeaux de peau, venant de mon talon – oui, j’ai eu la bonne idée de mettre des chaussures neuves pour voyager, bravo l’artiste).

Coïncidence, sa porte d’embarquement est juste à côté de la mienne, nous pouvons donc attendre ensemble. Avant d’embarquer dans notre appareil respectif, nous échangeons nos numéros et e-mails. Rencontre d’un jour, qui suffit à égailler la journée et à donner espoir: la vie est pleine de surprises.

Mais assez discuté, il s’agit maintenant d’entreprendre un vol de plus de 10 heures consécutives. Je trouve mon siège, il est situé en plein milieu de l’avion. Je suis entourée d’étrangers, je n’ai nulle part où poser ma tête, je ne vais pas pouvoir fermer l’oeil du vol. A cause de l’excitation je n’ai pas dormi de la nuit. Autrement dit, je m’apprête à entreprendre un marathon anti-sommeil, sans pouvoir bouger, marcher ni même m’étirer… Ach vantaztig!

Le vol est long, très long. Pour nous occuper et nous détendre, la compagnie nous offre gracieusement un petit paquet de snacks et une boisson. Je décide de m’abrutir devant un film pour ados. Vient ensuite l’heure du premier repas, puis le café/thé, puis un petit digestif… à cause de ce dernier, tout le monde roupille… sauf bibi! \o/. Puis à nouveau, deuxième repas (accordé à l’heure canadienne) et rebelote, café/thé digestifs. Ils veulent nous bourrer la gueule ma parole!

J’ai pourtant pour habitude d’apprécier les transports en voiture, train, bus, avion. Même si l’on n’a rien à faire, le temps de quelques minutes, ou de quelques heures, on n’est personne d’autre que quelqu’un qui se rend d’un point A à un point B. Personne ne connaît notre destination, nous n’avons rien d’autre à faire qu’attendre que le chauffeur nous amène ou nous le souhaitons, personne n’attends rien de nous. Les transports sont magiques.

Mais cette fois c’est différent. Déjà, il y a le fait de savoir que je suis à plusieurs milliers de mètres d’altitude, au dessus du Groenland, que si l’avion se crash et que je ne meurs pas sur le coup, je mourrais congelée ou affamée, ou même les deux! Je ne suis pourtant pas du genre à avoir peur en avion… mais bon, le risque zéro n’existe pas!

Finalement l’avion se pose. Cela dit, je ne l’ai su que quand j’ai senti le sol sous les roues, car je ne voyais absolument rien d’autre que les bras de mes voisins… aucune vue sur le paysage, nada, de tout le vol…

Je suis les gens. Il y a un aquarium dans l’aéroport, de la moquette par-terre, des vitres de tous les côtés, une espèce d’odeur de propre et d’aventure. L’aéroport ressemble à un centre de jeux vidéos. Mes pieds me font un mal de toutou! Arrivée à la douane, je dois expliquer à la da-dame de l’immigration que je suis ici pour 5 mois, pour étudier l’anglais. Première surprise, elle me demande comment je vais. Ben… je vais bien, merci…mais pourquoi une telle question? Franchement, qui ça intéresse si je vais bien ou pas, surement pas toi ma bonne-dame. T’es bizarre avec tes questions…

Je tente désespérément de récupère ma valise, mon sac de voyage, mon bagage à main, le formulaire de l’immigration, ma tête, la viande hachée qui me sert de pieds et je poursuis ma route. Je chercher du regard un panneau, quelque chose, quelqu’un qui m’attende, que je ne me sois pas trompée de jour, de semaine, de mois, d’année! Ah ici, une dame avec mon nom et le nom de mon école. Mais on dirait que tout s’est déroulé sans embuches ?!

Je rencontre deux étudiants, un est suisse-allemand (je ne le sais pas encore, mais ce ne sera de loin pas le dernier suisse-allemand que je rencontrerai au cours de mon périple) et l’autre est italien. Mais qui ça intéresse?!

J’arrive “chez moi”. Je rencontre Mercy, ma môman d’acceuil. elle est très gentille et souriante et viens des Philippines, elle-aussi. Elle me montre ma chambre. Je suis fatiguée, exténuée même, mais pleine d’entrain. J’entreprends d’ouvrir ma valise et d’en ranger le contenu. ouh, mais peut-être que je peux m’assoir un moment avant, allez, je m’allonge trois secondes. Bon ok, je ferme les yeux 5 minutes mais après je range! Lorsque je rouvre les yeux il est neuf heures du soir, j’ai loupé le souper et toutes les autres étudiantes. Il est l’heure d’aller se coucher mais je n’ai plus sommeil, je suis encore emprunte du rythme suisse, il va ma falloir du temps avant de me débarrasser du fameux jet-lag. Mais on s’en fout!

CHUI A VANCOUVER BABY_!

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